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CipherChronicle

Méthodes de chiffrement Transposition

Grille tournante

Une grille carrée percée de trous qu'on fait tourner quatre fois pour écrire ou lire le message. Mécanique simple, résultat très déroutant.

Famille :
Transposition
Difficulté :
Intermédiaire
Époque :
1881, colonel Edouard Fleissner von Wostrowitz
Inventeur :
Édouard Fleissner von Wostrowitz

Aussi appelé : grille de Fleissner · rotating grille

La grille tournante (ou grille de Fleissner, d’après le colonel Édouard Fleissner qui l’a popularisée dans l’armée austro-hongroise en 1881) est un chiffrement par transposition mécanique : une plaque carrée percée de trous qu’on pose sur une feuille, puis qu’on fait tourner quatre fois pour écrire ou lire le message.

Principe

Construction de la grille

On choisit une grille carrée de taille n × nn est pair (4×4, 6×6, 8×8…). Le nombre total de cases est , et on en perce exactement n² / 4 de sorte que, en tournant la grille de 90°, 180°, 270°, chaque case sera découverte exactement une fois.

Pour une grille 4×4 (16 cases), on perce 4 trous qui, ensemble avec leurs trois rotations, couvrent les 16 cases sans doublon.

Chiffrement

  1. On pose la grille sur une feuille vierge.
  2. On écrit le texte clair lettre par lettre dans les trous.
  3. On tourne la grille de 90° et on continue à écrire dans les nouveaux trous.
  4. On répète pour les deux rotations restantes.
  5. Une fois les quatre positions remplies, on lit la feuille ligne par ligne : c’est le ciphertext.

Le déchiffrement se fait à l’envers : on pose la grille, on lit les premières lettres apparentes, on tourne, on lit, et ainsi de suite.

Exemple

Pour CIPHERCHRONICLEX (16 lettres, parfait pour une grille 4×4), une configuration de grille donnée produit un ciphertext comme CHNIORELPCIHRCEX — la structure exacte dépend de la position des quatre trous.

Variantes

  • Grille de Cardan (ancêtre, XVIᵉ siècle) — même idée sans rotation, avec un gabarit fixe.
  • Grilles rectangulaires — version non carrée, plus complexe à concevoir.
  • Grille double — deux grilles superposées avec des trous différents, multipliant l’espace de clés.

Forces et faiblesses

Forces

  • Mécanique tangible : la clé est un objet physique, difficile à transmettre mais tangible.
  • Résiste à l’analyse de fréquence (c’est une transposition).
  • Aucun calcul à faire : tout est géométrique.

Faiblesses

  • Pour une grille n × n, le nombre de configurations valides de trous reste petit : 4^(n²/4) divisé par les symétries. Pour n = 4, seulement 256 configurations possibles — brute-forçable avec quelques ciphertexts.
  • Les diagonales et les symétries introduisent des régularités statistiques sur le ciphertext.
  • Sans rotation strict (si la grille n’est pas bien conçue), certaines cases sont couvertes deux fois, d’autres jamais — le ciphertext trahit la méthode.

Dans CipherChronicle

La grille tournante est un objet de jeu idéal : on peut simuler la rotation à l’écran, le joueur manipule la grille, les lettres apparaissent et disparaissent. C’est le chiffre le plus visuel de tous ceux proposés, naturel pour un format interactif et tactile.

Grille

C
H
N
I
O
R
E
L
P
C
I
H
R
C
E
Q
R
S
T
U
V
W
X
Y
Z
CléPosition des trous (grille 4×4)
  1. 1

    Texte chiffré

    Les lettres du clair sont toutes là, mais dans un ordre géométriquement permuté.

  2. 2

    Hypothèse de grille tournante

    Le texte a été écrit à travers les trous d'une grille qui a tourné quatre fois.

  3. 3

    Configuration de la grille : trous, taille, rotations

    Pour une grille 4×4, il y a 4 lettres par quart de tour — la clé est la position des 4 trous au départ.

  4. 4

    Reconstitution par inversion

    On replace les lettres dans l'ordre, en tournant la grille trou par trou.

  5. 5

    Message révélé

    Le texte clair réapparaît après reconstitution des quatre quarts de tour.