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CipherChronicle

Comparatifs « X vs Y »

Playfair vs Vigenère — digrammes contre décalages

Chiffre PlayfairChiffre de Vigenère
FamillePolygraphiquePoly-alphabétique
DifficultéAvancéIntermédiaire
Époque1854, Charles Wheatstone (popularisé par Lord Playfair)1553, publié 1586, Blaise de Vigenère
InventeurCharles WheatstoneGiovan Battista Bellaso (popularisé par Blaise de Vigenère)

Playfair et Vigenère sont deux chiffres à clé du XIXᵉ et du XVIᵉ siècle qu’on oppose souvent en cryptanalyse débutante. Ils ne chiffrent pas la même unité — et c’est toute la différence.

Lettre par lettre, ou paire par paire ?

Vigenère chiffre lettre par lettre : chaque lettre du clair est décalée d’un montant donné par la lettre de clé en regard. La clé se répète.

Playfair chiffre par digrammes : on découpe le clair en paires de lettres, et chaque paire est remplacée selon sa position dans une grille 5×5 remplie à partir d’un mot-clé (règles de la ligne, de la colonne, du rectangle).

Résistance à l’analyse de fréquence

C’est là que Playfair prend l’avantage. Vigenère aplatit la fréquence des lettres, mais une fois la longueur de clé retrouvée (Kasiski), il se réduit à plusieurs Césars — donc à de l’analyse de fréquence classique.

Playfair chiffre des paires : il y a 600 digrammes possibles, la fréquence d’une lettre isolée ne dit plus rien. L’analyse de fréquence lettre à lettre échoue. En revanche, la fréquence des digrammes (TH, HE, IN…) reste exploitable, et Playfair finit par tomber sur des textes assez longs.

Poser le chiffre à la main

Vigenère est plus rapide : une table, une clé, on additionne. Playfair demande de construire la grille, de gérer les lettres doubles (X inséré) et la fusion I/J — plus d’étapes, plus d’erreurs possibles.

Quand utiliser quoi

  • Initiation, démonstration du poly-alphabétique → Vigenère.
  • Puzzle un cran au-dessus, qui résiste à l’analyse de fréquence naïve → Playfair.
  • Vraie sécurité → ni l’un ni l’autre. AES-256 ou ChaCha20.

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