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CipherChronicle

Méthodes de chiffrement Numération

Chiffres mayas

Système de numération vigésimal (base 20) inventé par les Mayas, utilisant trois symboles seulement : le point (1), la barre (5) et la coquille (0). L'un des premiers systèmes de l'histoire à inclure le zéro positionnel.

Famille :
Numération
Difficulté :
Débutant
Époque :
IVᵉ siècle apr. J.-C., civilisation maya (Méso-Amérique)

Aussi appelé : numération maya · base 20 maya · point-barre-coquille

Les chiffres mayas sont l’un des plus anciens systèmes de numération à base 20 (vigésimal) documentés, utilisé par la civilisation maya en Méso-Amérique à partir du IVᵉ siècle apr. J.-C. Leur originalité historique tient à deux innovations :

  1. L’utilisation d’un zéro positionnel dès le IVᵉ siècle — quasi-simultanément avec les Indiens, et plusieurs siècles avant sa diffusion en Europe via les chiffres indo-arabes.
  2. Une graphie minimaliste à seulement trois primitives : le point, la barre, la coquille. C’est l’un des systèmes les plus économes jamais conçus.

Principe

Les trois primitives

•   (un point)        =  1
———  (une barre)       =  5
🜎   (une coquille)     =  0

Toute valeur de 0 à 19 est composée par superposition des points et barres dans une case unique, lue de bas en haut :

Valeur 0  : 🜎             Valeur 10 : ━━     (deux barres)
Valeur 1  : •              Valeur 11 : •━━
Valeur 2  : ••             Valeur 12 : ••━━
Valeur 3  : •••            Valeur 13 : •••━━
Valeur 4  : ••••           Valeur 14 : ••••━━
Valeur 5  : ━━ (une barre) Valeur 15 : ━━━ (trois barres)
Valeur 6  : •━━            Valeur 16 : •━━━
Valeur 7  : ••━━           Valeur 17 : ••━━━
Valeur 8  : •••━━          Valeur 18 : •••━━━
Valeur 9  : ••••━━         Valeur 19 : ••••━━━

La position vigésimale

Les nombres ≥ 20 sont écrits verticalement, du chiffre des unités (20⁰) en bas vers les puissances supérieures (20¹, 20², …) en haut :

        ━━━ (3 × 400 = 1200)
        🜎  (0 × 20 = 0)
        ━━ (2 × 1 = 2)
        Total : 1202

Ce système a permis aux Mayas de noter avec une grande compacité des dates astronomiques, des cycles calendaires (le célèbre compte long jusqu’au 21 décembre 2012) et des positions stellaires.

Pourquoi base 20 ?

Le choix de la base 20 est commun aux civilisations qui comptent doigts + orteils. On le retrouve aussi chez les Aztèques, les Yoruba, les Inuits (Kaktovik), et — résiduellement — dans le français : quatre-vingts vient d’un comptage en vingts (4 × 20 = 80).

L’avantage par rapport à la base 10 : on peut compter sans dépasser une vingtaine dans son symbole — un nombre comme 1949 (4 chiffres en base 10) tient en 3 cases en base 20 (4 · 20² + 17 · 20 + 9 = 4 · 400 + 17 · 20 + 9).

Comme dispositif cryptographique

Les chiffres mayas ne sont pas un chiffre au sens cryptographique — leur table est documentée depuis les codex coloniaux (XVIᵉ siècle). Mais ils se prêtent parfaitement à une substitution à alphabet par rang :

  1. On applique A1Z26 sur le plaintext : CIPHE03 09 16 08 05.
  2. Chaque nombre devient un glyphe maya : CIPHE → 5 dessins de points et barres.

L’effet visuel est immédiatement évocateur d’inscription préhispanique. Parfait pour un puzzle thématique sur les civilisations précolombiennes ou un escape room style Indiana Jones.

Comparaison avec d’autres numérations

SystèmeBaseSymboles primitifsZéro positionnelCompacité
Romain107 (I V X L C D M)NonFaible
Maya203 (• ━ 🜎)OuiTrès bonne
Babylonien602 (clou, chevron)TardifBonne
Indo-arabe1010 (0 à 9)OuiBonne
Cisterciens10CombinatoireNonExcellente (1 glyphe)

Le système maya se distingue par sa base élevée + zéro précoce + graphie minimaliste — une combinaison rare dans l’histoire de la numération.

Héritage et redécouverte

  • XVIᵉ siècle — les missionnaires espagnols (Bartolomé de las Casas, Diego de Landa) documentent partiellement le système, qu’ils interprètent mal.
  • XIXᵉ siècle — déchiffrement progressif par Ernst Förstemann (1893) sur le Codex de Dresde.
  • XXᵉ siècle — pleine reconnaissance comme système numérique sophistiqué, étudié dans les programmes d’archéomathématique.
  • 2012 — vague d’intérêt populaire à l’occasion de la « fin du Long Count » (recyclage du calendrier maya plutôt que prophétie apocalyptique).