Méthodes de chiffrement Symboles
Alphabet Moon (W. Moon, 1845)
L’alphabet Moon est un système d’écriture tactile pour aveugles inventé par William Moon (1818-1894) à Brighton (Royaume-Uni) en 1845, vingt ans après le braille de Louis Braille (1825). Lui-même devenu aveugle à 21 ans, Moon constate que les adultes qui perdent la vue tardivement ont du mal à apprendre le braille — un système entièrement abstrait à base de points en relief.
Sa réponse : conserver la forme des lettres latines mais les simplifier pour qu’elles soient lisibles au toucher. Un arc pour C, une diagonale pour A, un trait barré pour T — chaque lettre garde un trait reconnaissable de la version imprimée. Le système est encore en usage limité au Royaume-Uni, notamment dans les publications de la Royal National Institute for the Blind (RNIB). 26 lettres latines, pas de chiffres dans la table standard.
Comment fonctionne l’alphabet ?
Le chiffre repose sur une substitution monoalphabétique graphique : chaque lettre du clair est remplacée par sa forme simplifiée Moon (arc, diagonale, trait barré). C’est le même principe que le chiffre de César (~50 av. J.-C.), à ceci près que la « clé » est une table de silhouettes au lieu d’un décalage numérique.
La table compte 26 glyphes pour les 26 lettres latines (pas de chiffres dans la version standard). Plusieurs lettres réutilisent la silhouette de la lettre imprimée (C, L, O, V), d’autres en sont une simplification plus poussée (A, B, F).
Sécurité cryptographique : faible. Comme toute substitution monoalphabétique, l’analyse de fréquences la casse en quelques dizaines de mots. Mais l’usage réel de Moon n’a jamais été cryptographique : il s’agit d’un système d’accessibilité, à présenter sur CipherChronicle comme témoignage historique de l’ergonomie de lecture au XIXᵉ siècle.
Usage historique et moderne
- Royal National Institute for the Blind (RNIB) — publications spécialisées.
- Lecture tactile — adultes devenus aveugles tardivement.
- Histoire de l’accessibilité — alternative historique au braille.
- Pédagogie — montre comment garder une silhouette familière pour faciliter l’apprentissage.
Variantes voisines
- Braille (1825) — voir notre fiche, l’alternative à points contemporaine.
- Nyctographie (Lewis Carroll, 1891) — voir notre fiche, autre écriture nocturne.
- Tifinagh — voir notre fiche, alphabet aux silhouettes géométriques.
Quelles sont les faiblesses ?
- Substitution monoalphabétique — analyse de fréquences immédiate.
- Silhouettes reconnaissables — plusieurs lettres restent visuellement proches du latin.
- Pas de chiffres — la version standard ne couvre pas 0-9.
Les 26 glyphes



















































