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CipherChronicle

Méthodes de chiffrement Symboles

Wingdings (Microsoft, 1990)

Wingdings est une police de dingbats (pictogrammes décoratifs et symboles) conçue par Charles Bigelow et Kris Holmes du studio californien Bigelow & Holmes pour Microsoft, livrée en standard avec Windows 3.1 dès 1990. C’est l’une des polices les plus connues au monde : elle est installée sur tous les ordinateurs Windows depuis 30+ ans et a marqué l’imaginaire collectif des années 1990-2000 comme symbole de la typographie de bureautique fun.

La police remplace chaque caractère ASCII (lettres, chiffres, ponctuation) par un pictogramme : ✋ pour A, 🌹 pour Z, ☎ pour comme certains chiffres, etc. Elle est devenue célèbre malgré elle pour deux raisons :

  1. La théorie du complot du 11 septembre 2001 : la chaîne « NYC » tapée en Wingdings affichait des symboles (crâne, étoile de David, pouce levé) que certains interprétaient comme une référence prémonitoire aux attaques. Microsoft a publié un démenti officiel : simple coïncidence, Wingdings ayant été conçu 11 ans plus tôt.
  2. Les œufs de Pâques typographiques : taper « MS » en Wingdings affichait un œil, ce qui a donné lieu à de nombreuses blagues d’utilisateurs.

Comment fonctionne l’alphabet ?

Le chiffre repose sur une substitution monoalphabétique : chaque lettre du message clair est remplacée par un glyphe tiré d’une table de correspondance fixe. C’est l’une des plus anciennes techniques cryptographiques connues — déjà décrite dans l’Antiquité (chiffre de César, ~50 av. J.-C.) — et la famille la plus directement lisible pour un débutant.

La table compte 26 glyphes pour les lettres latines, 10 chiffres et 4 ponctuations (! . , ?) — couverture quasi-complète d’un texte simple. Le rendu est purement pictographique.

Sécurité cryptographique : faible. Comme chaque lettre du clair produit toujours le même glyphe, le chiffre cède à une analyse de fréquence en quelques dizaines de mots (en français comme en anglais, le E reste majoritaire, ce qui donne un point d’entrée immédiat). Les substitutions monoalphabétiques sont donc utilisées aujourd’hui pour leur valeur décorative, ludique ou pédagogique, pas pour protéger une information réelle.

Usage historique et moderne

  • Windows (1990-) — installé en standard sur toutes les versions de Windows.
  • Microsoft Office — utilisé dans les listes à puces, les diagrammes décoratifs.
  • Web 1.0 — populaire dans les forums et signatures e-mail des années 1990-2000.
  • Pédagogie — exemple incontournable de typographie pictographique dans les cursus de design graphique.

Variantes voisines

  • Wingdings 2 / 3 — variantes Microsoft avec d’autres pictogrammes, non couvertes ici.
  • Webdings — voir notre fiche, successeur thématique pour le web.

Quelles sont les faiblesses ?

  • Substitution monoalphabétique — analyse de fréquences immédiate.
  • Alphabet documenté — Microsoft a publié la table TrueType officielle.
  • Licence Microsoft — la police d’origine est propriétaire ; les PNG ici sont des reproductions pédagogiques.

Les 26 glyphes

AAA
BBB
CCC
DDD
EEE
FFF
GGG
HHH
III
JJJ
KKK
LLL
MMM
NNN
OOO
PPP
QQQ
RRR
SSS
TTT
UUU
VVV
WWW
XXX
YYY
ZZZ

Les 10 chiffres

000
111
222
333
444
555
666
777
888
999

Les ponctuations

!!!
???
...
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