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CipherChronicle

Méthodes de chiffrement Poly-alphabétique

Chiffre autoclave

Un Vigenère où la clé est prolongée par le texte clair lui-même. Supprime la périodicité — et donc l'attaque de Kasiski.

Famille :
Poly-alphabétique
Difficulté :
Intermédiaire
Époque :
1586, Blaise de Vigenère
Inventeur :
Blaise de Vigenère

Aussi appelé : Autokey · Vigenère autoclave · autoclef

Le chiffre autoclave (ou Autokey) est une amélioration directe de Vigenère proposée par Blaise de Vigenère en 1586 — la vraie innovation qu’on lui doit, au-delà du chiffre qui porte son nom. L’idée est simple mais puissante : utiliser le texte clair lui-même comme extension de la clé, pour supprimer la périodicité qui trahit Vigenère.

Principe

La clé est constituée de deux parties :

  1. Une clé amorce courte (par exemple KEY), partagée entre les correspondants.
  2. Le texte clair qui suit, utilisé lettre par lettre pour prolonger la clé.

Ainsi, pour chiffrer CIPHERCHRONICLE avec l’amorce KEY, la clé complète devient :

Clair : C I P H E R C H R O N I C L E
Clé   : K E Y C I P H E R C H R O N I

La formule reste celle de Vigenère : C_i = (P_i + K_i) mod 26. Mais chaque lettre claire devient immédiatement la clé de la suivante, sur un décalage égal à la longueur de l’amorce.

Exemple

Avec amorce KEY et clair CIPHERCHRONICLE :

C+K=M  I+E=M  P+Y=N  H+C=J  E+I=M
R+P=G  C+H=J  H+E=L  R+R=I  O+C=Q
N+H=U  I+R=Z  C+O=Q  L+N=Y  E+I=M

Résultat : MMNJMGJLIQUZQYM. Aucune répétition n’est visible, car la clé change continuellement avec le contenu du message.

Variantes

  • Ciphertext autoclave — même principe, mais la clé est prolongée par le ciphertext plutôt que le plaintext. Plus fragile (l’attaquant voit la clé future dès qu’il a le ciphertext).
  • Auto-décalage — des variantes numériques modernes appliquent l’idée au chiffrement par flux.

Faiblesses

La périodicité ayant disparu, Kasiski et l’indice de coïncidence échouent. Mais :

  • L’amorce reste courte. Un attaquant qui devine ou brute-force la clé amorce (par exemple 3 lettres = 17 576 essais) décode tout le reste automatiquement.
  • Attaque par mots probables : si on suppose que le texte contient un mot fréquent (THE, AND, LE, ET), on teste son placement et on dérive des portions de clé.
  • Rétro-propagation : une fois quelques lettres claires connues au début, tout le reste du message tombe en cascade.

L’autoclave déplace donc l’attaque : il ne s’agit plus de casser la statistique, mais de deviner l’amorce.

Dans CipherChronicle

L’autoclave récompense l’intuition linguistique : l’attaquant ne peut pas s’en sortir par des calculs froids. Les grilles associées peuvent jouer sur des amorces courtes, où retrouver les trois ou quatre premières lettres déclenche la cascade.

Grille

M
M
N
J
M
G
J
L
I
Q
U
Z
Q
Y
M
Q
R
S
T
U
V
W
X
Y
Z
CléK = KEY (puis prolongée par le clair)
  1. 1

    Texte chiffré

    Distribution plate et pas de répétition périodique — Kasiski ne donnera rien.

  2. 2

    Hypothèse d'une clé courte

    L'attaquant doit deviner la clé initiale, non la retrouver statistiquement.

  3. 3

    Clé amorcée « KEY » + texte clair

    La clé devient KEY + C + I + P + H + E + R + C + H + R + O + N + I = KEYCIPHERCHRONI.

  4. 4

    Déchiffrement en cascade

    Chaque lettre décodée sert immédiatement à allonger la clé pour la suivante.

  5. 5

    Message révélé

    Le texte clair s'auto-construit à mesure que la clé s'auto-prolonge.