Méthodes de chiffrement Symboles
Bibi-binary (Boby Lapointe, 1968)
Le bibi-binaire (ou bibi) est une notation hexadécimale inventée par Robert « Boby » Lapointe (1922-1972), chanteur, humoriste et mathématicien français, publiée dans son essai Une éducation manquée en 1968. Le principe : chaque demi-octet (4 bits, soit un chiffre hexadécimal entre 0 et 15) est représenté par une syllabe phonétique de 2 lettres :
| Hex | Syllabe |
|---|---|
| 0 | HO |
| 1 | HA |
| 2 | HE |
| 3 | HI |
| 4 | BO |
| 5 | BA |
| 6 | BE |
| 7 | BI |
| 8 | KO |
| 9 | KA |
| A | DO |
| B | DA |
| C | DE |
| D | DI |
| E | GO |
| F | GA |
Les 4 consonnes (H, B, K/D-G) signalent les bits de haut poids ; les 4 voyelles (O, A, E, I) signalent les bits de bas poids. Lapointe a aussi conçu un glyphe pour chaque syllabe (cercles et arcs combinés), c’est cet alphabet visuel que dCode reproduit. À lire à voix haute, les nombres binaires deviennent des chansons rythmées — typique de la sensibilité musicale du chanteur de Aragon et Castille et Marcelle.
Lapointe a poussé le concept jusqu’à proposer une table de multiplication bibi et même une calculatrice mécanique bibi (jamais commercialisée). Le système n’a pas eu de succès pratique mais reste un monument culturel français célébré par les nostalgiques de la chanson à texte.
Comment fonctionne Bibi-binary ?
Bibi-binary est une notation hexadécimale, pas une substitution alphabétique : la table compte 16 syllabes graphiques pour les 16 chiffres hex (0-9 + A-F), soit 16 symboles au total. Pour coder un nombre décimal, le convertir d’abord en hex (255 → FF, puis FF → deux glyphes Bibi).
Usage historique et moderne
- Essai Une éducation manquée (1968) — publication originale.
- Chanson française — souvent cité dans les ouvrages sur la chanson à texte, sur Lapointe et sur les jeux mathématiques.
- Pédagogie — porte d’entrée ludique pour enseigner l’hexadécimal aux élèves français.
- Culture geek francophone — référence régulière dans les communautés informatique et chanson.
Variantes voisines
- Numération hexadécimale standard — 0-9 + A-F sans glyphes spécifiques.
- Braille — voir notre fiche dédiée, autre système 6-bits visuel.
Quelles sont les faiblesses ?
- Notation hexadécimale, pas un chiffrement — n’apporte aucune sécurité (table publique).
- Conversion préalable obligatoire — pour coder un texte, il faut d’abord le convertir en hex (UTF-8 → octets → hex), ce qui rajoute une étape de transcription.
- Variations de glyphes — différentes éditions du système peuvent redessiner les syllabes.
Les 6 syllabes A-F












Les 10 chiffres



















