Méthodes de chiffrement Symboles
Dotsies (Craig Muth, 2012)
Le Dotsies est un système d’écriture expérimental conçu par Craig Muth en 2012, publié sur dotsies.org. Le principe est d’une simplicité élégante : chaque lettre devient une barre verticale de 5 points dont chacun peut être noir (1) ou blanc (0). Cela donne 2⁵ = 32 combinaisons possibles, dont 26 sont utilisées pour les lettres latines (les 6 restantes sont disponibles pour de futurs caractères).
L’objectif explicite de Muth est de moderniser l’écriture pour la lecture rapide : la barre verticale est environ 32 % plus courte qu’une lettre latine sur le même corps de caractères, et le cerveau peut théoriquement apprendre à lire le bloc entier d’un coup d’œil (comme la lecture rapide entraîne déjà à le faire sur les mots latins). En pratique, l’adoption est restée marginale — Dotsies reste un exercice de design typographique plutôt qu’une alternative sérieuse à l’écriture latine.
Une variante créée par un utilisateur nommé Faust est optimisée pour encoder du base64 : chaque combinaison de 5 bits (64 combinaisons en base64) reçoit son propre glyphe Dotsies modifié.
Comment fonctionne l’alphabet ?
Le chiffre repose sur une substitution monoalphabétique : chaque lettre du message clair est remplacée par un glyphe tiré d’une table de correspondance fixe. C’est l’une des plus anciennes techniques cryptographiques connues — déjà décrite dans l’Antiquité (chiffre de César, ~50 av. J.-C.) — et la famille la plus directement lisible pour un débutant.
La table compte 26 glyphes pour les 26 lettres latines — chacun est une barre verticale de 5 points noirs ou blancs (1 bit par point, 5 bits = 32 combinaisons, dont 26 utilisées). Pas de chiffres.
Sécurité cryptographique : faible. Comme chaque lettre du clair produit toujours le même glyphe, le chiffre cède à une analyse de fréquence en quelques dizaines de mots (en français comme en anglais, le E reste majoritaire, ce qui donne un point d’entrée immédiat). Les substitutions monoalphabétiques sont donc utilisées aujourd’hui pour leur valeur décorative, ludique ou pédagogique, pas pour protéger une information réelle.
Usage historique et moderne
- dotsies.org (2012-) — site officiel, outils de conversion, tutoriels d’apprentissage.
- Communauté typographique — discuté dans les conférences ATypI et sur Smashing Magazine.
- Variante base64 (Faust) — utilisée par quelques outils de cryptographie pédagogique.
- Pédagogie — exemple intéressant d’encodage binaire visuel pour l’enseignement de l’informatique.
Variantes voisines
- Dotsies base64 (Faust) — variante 64 symboles, non couverte ici.
- Braille — autre encodage 6-bits → 64 combinaisons, voir notre fiche dédiée.
Quelles sont les faiblesses ?
- Substitution monoalphabétique — analyse de fréquences immédiate.
- Lecture sans entraînement difficile — l’avantage de compacité ne se matérialise qu’après plusieurs heures d’apprentissage.
- Glyphes très denses — risque de confusion entre lettres avec un seul point d’écart (E ≠ F).
Les 26 glyphes



















































