Méthodes de chiffrement Symboles
Hiéroglyphes égyptiens
Les hiéroglyphes égyptiens constituent l’un des systèmes d’écriture les plus anciens et les plus iconiques de l’humanité. Apparus vers 3300 av. J.-C. dans la vallée du Nil, ils ont été utilisés sans interruption majeure pendant plus de 3500 ans, jusqu’aux derniers temples ptolémaïques au IVᵉ siècle apr. J.-C.
Leur particularité : ils mêlent plusieurs niveaux d’écriture simultanément :
- Idéogrammes — un signe = un concept (le soleil ☀ = “soleil” ou “jour”).
- Phonogrammes — un signe = un son ou un groupe de sons (la bouche 𓂋 = consonne
r). - Déterminatifs — signes ajoutés pour préciser la catégorie sémantique (un homme, une femme, une action, un dieu).
La redécouverte par Champollion
Pendant quinze siècles, après la fermeture des derniers temples par l’empereur Théodose en 391, plus personne ne sait lire les hiéroglyphes. La connaissance s’éteint avec la dernière génération de prêtres égyptiens.
La Pierre de Rosette
En 1799, lors de l’expédition d’Égypte de Bonaparte, le lieutenant Pierre-François Bouchard découvre près de Rosette une stèle gravée portant trois textes :
- En haut : hiéroglyphes égyptiens (14 lignes).
- Au milieu : démotique (forme cursive tardive de l’égyptien, 32 lignes).
- En bas : grec ancien (54 lignes).
Le texte grec, lisible, indique qu’il s’agit d’un décret royal de Ptolémée V (196 av. J.-C.), et que les trois versions disent la même chose. La pierre est saisie par les Britanniques en 1801 (encore aujourd’hui au British Museum), mais des copies sont diffusées dans toute l’Europe.
Le déchiffrement (1822)
Jean-François Champollion (1790-1832), prodige des langues anciennes, travaille sur la pierre depuis 1808. Il bénéficie d’une intuition : si certains cartouches (encadrés royaux) contenaient des noms propres, ils devraient comporter des signes phonétiques transcrivant leur prononciation grecque.
Le 14 septembre 1822, à 32 ans, il déchiffre les noms PTOLÉMÉE et CLÉOPÂTRE dans deux cartouches différents — et constate que plusieurs signes communs sont au même endroit (P, T, O, L). C’est la clé phonétique du système.
Il rédige sa démonstration dans la Lettre à M. Dacier (27 septembre 1822) — texte fondateur de l’égyptologie moderne.
Le manuel de codage moderne
Pour transcrire un texte latin en hiéroglyphes (usage décoratif, pédagogique, ou cryptographique), on utilise la table phonétique standardisée par Alan Gardiner dans son Egyptian Grammar (1927) :
A → 𓄿 (vautour) N → 𓈖 (eau)
B → 𓃀 (jambe) O → 𓅱 (poussin de caille)
C → 𓎡 (panier) P → 𓊪 (banc)
D → 𓂧 (main) Q → 𓎤 (support)
E → 𓇋 (roseau) R → 𓂋 (bouche)
F → 𓆑 (vipère cornue) S → 𓋴 (verrou)
G → 𓎼 (jarre) T → 𓏏 (pain)
H → 𓉔 (cour) U → 𓅱 (caille — comme O)
I → 𓇋 (roseau — comme E) V → 𓆑 (vipère — comme F)
J → 𓆓 (cobra) W → 𓅱 (caille — comme O)
K → 𓎡 (panier — comme C) X → 𓎡𓋴 (panier+verrou)
L → 𓃭 (lion) Y → 𓇌 (deux roseaux)
M → 𓅓 (chouette) Z → 𓊃 (verrou alternatif) (Les correspondances ne sont pas bijectives — certaines lettres latines partagent un signe parce que le son n’existe pas distinctement en égyptien.)
Comment utiliser Hiéroglyphes égyptiens comme chiffre ?
Les hiéroglyphes ne constituent pas un chiffre au sens cryptographique — la table Gardiner est publique depuis un siècle, et Champollion est connu de tous les bacheliers. Mais l’écriture hiéroglyphique sert :
- Stéganographie thématique : un cartouche hiéroglyphique sur un mur, une stèle, un bijou, peut dissimuler un message moderne sans éveiller de soupçon.
- Substitution monoalphabétique exotique : la table phonétique Gardiner se prête parfaitement à un encodage 1:1 d’un texte latin.
- Puzzles thématiques : escape rooms à thème égyptien, énigmes de chasse au trésor (Indiana Jones, Le Mystère de la Pyramide).
Sa sécurité est nulle contre un cryptanalyste — mais son intérêt culturel et iconique est immense.
Quelles sont les variantes de Hiéroglyphes égyptiens ?
L’égyptien antique utilise trois systèmes d’écriture simultanément :
- Hiéroglyphes (3300 av. J.-C.) — usage monumental, religieux, royal. Pictographique et idéographique.
- Hiératique (2700 av. J.-C.) — version cursive simplifiée, pour les scribes administratifs. Moins de pictogrammes, plus rapide à tracer.
- Démotique (650 av. J.-C.) — encore plus simplifié, presque alphabétique. Usage courant et populaire.
Les trois cohabitent jusqu’à la fin de l’époque pharaonique. Le grec, importé par les Ptolémées, finit par les supplanter.
Les 27 glyphes (case-sensitive)
Sélection de 27 hiéroglyphes (catalogue Gardiner / Manuel de codage) — le système distingue majuscule et minuscule car certaines lettres MdC encodent des phonèmes différents : s = /s/ vs S = /ʃ/ (sh), t = /t/ vs T = /tʃ/ (tj), etc. Notre cipher reflète cette distinction : Hello et hello produisent des chiffrés différents. Les libellés ci-dessous montrent la lettre primaire suivie, le cas échéant, de la lettre Latin “repliée” sur le même glyphe (e.g. s · c = ce glyphe sert à la fois pour /s/ et pour Latin C).





















































