Méthodes de chiffrement Symboles
Alphabet des Mages
L’alphabet des Mages (en latin alphabetum magorum) est l’un des trois alphabets « secrets » publiés par Paracelse au XVIᵉ siècle dans son corpus alchimique, aux côtés du Malachim et du Passage du Fleuve. Il a été largement diffusé en Europe par Francis Barrett dans The Magus, or Celestial Intelligencer (1801), ouvrage de référence du renouveau occultiste anglo-saxon, sous l’appellation Magi alphabet of Raphaël (du nom de l’archange Raphaël, scribe céleste).
Comme le Céleste et le Malachim, c’est un alphabet dérivé de l’hébreu : 20 lettres-mères suffisent pour couvrir les 26 lettres latines, au prix de quelques replis phonétiques.
Comment fonctionne l’alphabet des Mages ?
Le chiffre repose sur une substitution monoalphabétique : chaque lettre du message clair est remplacée par un glyphe tiré d’une table de correspondance fixe. C’est l’une des plus anciennes techniques cryptographiques connues — déjà décrite dans l’Antiquité (chiffre de César, ~50 av. J.-C.) — et la famille la plus directement lisible pour un débutant.
La table compte 20 glyphes pour les 26 lettres latines (pas de glyphes dédiés pour les chiffres). Pour chiffrer, on lit le texte lettre par lettre et on remplace chaque lettre par son glyphe correspondant ; pour déchiffrer, on consulte la même table dans l’autre sens.
Certaines lettres latines se replient phonétiquement sur d’autres : C→G, J→I, F→V, U→V, W→V, Y→V. Elles n’ont pas leur propre glyphe et sont substituées avant le chiffrement, ce qui limite l’alphabet utile à 20 graphèmes distincts.
Sécurité cryptographique : faible. Comme chaque lettre du clair produit toujours le même glyphe, le chiffre cède à une analyse de fréquence en quelques dizaines de mots (en français comme en anglais, le E reste majoritaire, ce qui donne un point d’entrée immédiat). Les substitutions monoalphabétiques sont donc utilisées aujourd’hui pour leur valeur décorative, ludique ou pédagogique, pas pour protéger une information réelle.
Usage historique et moderne
- Paracelse (XVIᵉ s.) — corpus alchimique, alphabet utilisé pour signer ou crypter les recettes secrètes.
- Francis Barrett, The Magus (1801) — réimpression dans la grande synthèse occultiste qui a inspiré la Golden Dawn, Aleister Crowley et toute la tradition magique anglophone du XIXᵉ siècle.
- Magie cérémonielle moderne — utilisé dans les ordres initiatiques et la magie chaos.
Variantes voisines
- Céleste — autre alphabet d’Agrippa, mêmes lettres-mères mais replis G→C, P→F, Y→I.
- Malachim — variante anguleuse du céleste.
- Énochien — alphabet de Dee/Kelley (1583).
Quelles sont les faiblesses de l’alphabet des Mages ?
- Substitution monoalphabétique — cède immédiatement à l’analyse de fréquence.
- Alphabet public : reproduit dans tous les traités d’occultisme.
- Six lettres se replient sur quatre glyphes (Vav, Yod, Gimel) — perte d’information lors du round-trip pour les messages contenant C/F/J/U/W/Y.
Les 20 glyphes (couvrant 26 lettres)







































