Aller au contenu principal
CipherChronicle

Méthodes de chiffrement Pop culture

Chiffre du tueur du Zodiac

Substitution homophonique à symboles mixtes (lettres, chiffres, glyphes). Envoyés aux journaux californiens par un tueur en série jamais identifié — Z408 cassé en 1969, Z340 résolu en 2020, deux autres toujours non résolus.

Famille :
Pop culture
Difficulté :
Avancé
Époque :
1969-1970, Californie (USA)

Aussi appelé : Zodiac Killer cipher · Z408 · Z340 · Zodiac ciphers

Les chiffres du Zodiac sont une série de quatre cryptogrammes envoyés à des journaux californiens par un tueur en série non identifié qui a sévi dans la baie de San Francisco entre 1968 et 1969. Leur célébrité tient à la fois à la violence des crimes revendiqués, à l’énigme toujours ouverte de l’identité du tueur, et à la résistance technique de certains chiffres pendant plus de cinquante ans.

Les quatre cryptogrammes

Z408 — envoyé en juillet 1969

  • 408 symboles, découpés en trois fragments envoyés à trois journaux différents.
  • Substitution homophonique : 53 symboles uniques pour 26 lettres, certaines lettres (E, T, A) ont 3 à 4 codes.
  • Cassé en une semaine par Donald et Bettye Harden, un couple de profs de lycée de Salinas.
  • Le message commence par I LIKE KILLING PEOPLE… — ton menaçant, orthographe déformée.

Z340 — envoyé en novembre 1969

  • 340 symboles, structure apparemment similaire.
  • A résisté 51 ans à toutes les tentatives.
  • Cassé en décembre 2020 par David Oranchak, Sam Blake et Jarl Van Eycke, via ordinateur exploitant une transposition par blocs diagonaux non évidente.
  • Message également menaçant, sans indice clair sur l’identité.

Z13 et Z32 — envoyés en avril 1970

  • 13 symboles (« My name is… ») et 32 symboles (une carte au trésor désignant une bombe).
  • Toujours non résolus. Z13 est probablement trop court pour une cryptanalyse fiable (trop peu de matériel statistique).

Pourquoi Z340 a tant résisté

Z408 était une substitution homophonique « plate » — on pouvait appliquer la méthode des Harden (hypothèses sur I LIKE KILLING, FORESTER, ELECTRIC) et remonter la table. Z340 a introduit deux obstacles :

  • Transposition partielle : les symboles ne se lisent pas dans l’ordre naturel ; une lecture en diagonale par blocs de 3 lignes est nécessaire.
  • Erreurs ou bluffs : le tueur a introduit des symboles mal placés (délibérément ou par faute d’inattention), ce qui a empoisonné toutes les attaques automatiques jusqu’en 2020.

Oranchak et son équipe ont utilisé un solveur statistique modernisé (AZDecrypt) qui teste simultanément des millions de permutations de lecture pour identifier celle qui produit un plaintext anglais plausible.

Pourquoi le Zodiac reste non identifié

Malgré :

  • Plusieurs cryptogrammes, dont deux cassés,
  • Des lettres manuscrites avec signature (triangle à trois points),
  • Des empreintes digitales partielles retrouvées sur les lieux,
  • Un portrait-robot dressé d’après un témoin survivant,

le tueur n’a jamais été identifié formellement. Le FBI a officiellement rouvert le dossier en mars 2021 après la résolution de Z340. Arthur Leigh Allen, le suspect principal des années 1970, est mort en 1992 sans avoir été inculpé.

Intérêt cryptanalytique

Les Zodiac ciphers illustrent :

  • La supériorité de l’homophonique sur la substitution simple pour des textes courts.
  • L’importance de la structure de lecture : Z340 a résisté moitié à cause de la substitution, moitié à cause du placement des symboles.
  • Le rôle moderne des ordinateurs dans la cryptanalyse historique : ce qui a résisté 51 ans à la main tombe en quelques jours face à un solveur statistique puissant.