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CipherChronicle

Les univers de la cryptographie 10 méthodes

Cryptogrammes à travers la littérature

Sherlock Holmes, le code Beale, l’affaire Dorabella, le sculpteur de Kryptos, Rata Alada : des cryptogrammes nés dans les livres ou nourris par eux, qui ont obsédé des biographies, des nouvelles et des décennies de cryptanalystes.

Chiffre vitrine

Chiffre des hommes dansants

Petits bonhommes stylisés = substitution mono. Sherlock Holmes, 1903.

Pop culture 1903, Arthur Conan Doyle Arthur Conan Doyle (fiction)
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Pourquoi la littérature aime les codes

La littérature aime les codes secrets parce qu’elle aime les énigmes — et parce qu’elle sait depuis Edgar Allan Poe qu’un cryptogramme ralentit le lecteur exactement comme il faut pour planter un personnage de génie ou pour révéler une intrigue.

Cet univers réunit les cryptogrammes qui ont jailli de la fiction, ceux qui ont traversé l’histoire littéraire, et ceux qui ont marqué la culture populaire au point d’en devenir des objets autonomes.

Sherlock Holmes et les hommes dansants

Le plus célèbre de tous reste « Les hommes dansants » (« The Adventure of the Dancing Men »), nouvelle d’Arthur Conan Doyle publiée en 1903. Sherlock Holmes y déchiffre une série de petits bonhommes gigotants envoyés depuis Chicago à Hilton Cubitt.

Une substitution monoalphabétique pure et simple, brisée par analyse de fréquence en quelques heures. Doyle se serait inspiré d’un véritable cryptogramme apparu dans la correspondance d’un de ses lecteurs. Depuis, l’alphabet des hommes dansants est devenu une icône — sur des couvertures de livres, dans des escape games, sur des t-shirts de geeks.

Le code Beale et son trésor introuvable

Le chiffre Beale est tout aussi mythique, mais il n’a pas trouvé son Sherlock. Trois feuillets de chiffres publiés en 1885 par James B. Ward, censés mener à un trésor de quarante millions de dollars enfoui en Virginie en 1820 par un certain Thomas J. Beale.

Le deuxième feuillet a été cassé en 1885 — il utilisait la Déclaration d’indépendance américaine comme livre-clé. Les feuillets 1 et 3 résistent encore aujourd’hui, et alimentent depuis cent quarante ans un sous-genre de la littérature cryptographique américaine.

Dorabella, Kryptos, Zodiac

D’autres énigmes littéraires fascinent par leur durée : la lettre Dorabella envoyée par le compositeur Edward Elgar en 1897 à Dora Penny — 87 symboles en forme de E renversés et étirés, jamais déchiffrés malgré 125 années d’efforts.

Kryptos, sculpture de Jim Sanborn installée en 1990 dans la cour de la CIA à Langley, livre trois de ses quatre panneaux mais le quatrième tient bon depuis 35 ans. Le chiffre du tueur du Zodiaque Z408 a été cassé en une semaine en 1969, mais le Z340 a tenu jusqu’en décembre 2020 avant que David Oranchak et son équipe ne le brisent.

Ce que ces cryptogrammes ont en commun

Ce qui rend ces cryptogrammes littéraires fascinants, c’est qu’ils ne sont jamais purement techniques. Chacun est entouré d’un récit : une lettre d’amour avortée, un trésor mythique, une signature criminelle, un défi lancé à l’agence du renseignement la plus puissante au monde.

La cryptanalyse devient alors une enquête historique autant qu’une partie d’échecs mathématique — exactement ce que Poe avait théorisé en 1841 dans son essai A Few Words on Secret Writing, où il défiait ses lecteurs de lui envoyer un chiffre qu’il ne saurait briser. Il en a cassé tous ceux qu’il a reçus.

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Les méthodes de cet univers

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