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CipherChronicle

Les univers de la cryptographie 10 méthodes

Symboles dans les histoires

Alphabets inventés pour des romans ou des bandes dessinées : tengwar elfique de Tolkien, hommes dansants de Doyle, sténo des dinosaures de Dinotopia, glyphes de Bill, runes de l’univers Sorceleur.

Chiffre vitrine

Chiffre des hommes dansants

Petits bonhommes stylisés = substitution mono. Sherlock Holmes, 1903.

Pop culture 1903, Arthur Conan Doyle Arthur Conan Doyle (fiction)
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Inventer un alphabet pour habiter un monde

Cet univers réunit les alphabets que les écrivains ont fabriqués pour habiter leurs mondes. Pas des codes secrets historiques, pas des sociétés ésotériques, pas des cryptogrammes du réel : des conventions graphiques décidées par un auteur, déposées sur la page d’un roman, et adoptées ensuite par les lecteurs comme un signe d’appartenance.

Conan Doyle, le précurseur

Le précurseur est Arthur Conan Doyle avec « Les hommes dansants » en 1903. Mais l’ambition de Doyle reste limitée : son code est une substitution.

L’alphabet n’a pas vocation à exister en dehors de la nouvelle. C’est un objet diégétique au service d’une enquête, pas un système d’écriture autonome — il faudra attendre Tolkien pour franchir cette frontière.

Tolkien et l’ambition philologique

À partir de 1937, J. R. R. Tolkien change la donne en publiant Le Hobbit puis Le Seigneur des Anneaux. Il y dépose deux écritures complètes (le tengwar et le cirth) avec phonologie, calligraphie, variantes régionales et histoire fictive.

Leurs créateurs sont des elfes, mais Tolkien était lui-même philologue à Oxford et avait étudié les vraies runes anglo-saxonnes. Le cirth qu’il invente est inspiré du Younger Futhark. Ce niveau d’exigence inaugure un genre : on n’invente plus un alphabet pour une histoire — on construit un système d’écriture comme s’il avait été utilisé.

Dinotopia, Sorceleur, et l’école contemporaine

James Gurney en fait autant en 1992 avec Dinotopia : ses dinosaures parlent une langue ancestrale dont l’alphabet à empreintes de griffes apparaît dans tous les frontispices du livre. Andrzej Sapkowski mentionne plusieurs écritures dans le cycle du Sorceleur (Witcher), dont l’Illageralt repris massivement par les jeux CD Projekt Red.

Voltz, Chris Riddell, Patrick Rothfuss, Brandon Sanderson : tous les auteurs de fantasy contemporains glissent au moins un alphabet inventé dans leurs ouvrages.

Une boussole d’immersion

Le ressort littéraire est toujours le même : un alphabet inventé est une boussole d’immersion. Quand le lecteur tombe sur une planche illustrée avec des inscriptions runiques, il sait sans qu’on le lui dise que ces inscriptions ont un sens, que quelqu’un a pris le temps de les écrire pour lui, et que ce monde a une histoire propre.

Pour le cryptographe amateur, ces alphabets sont une porte d’entrée parfaite. La plupart sont des substitutions monoalphabétiques (un symbole = une lettre latine), donc lisibles dès qu’on a la grille — généralement publiée par les fans dans des wikis dédiés. Le défi n’est pas mathématique mais culturel.

Catalogue

Les méthodes de cet univers

10 méthodes