Aller au contenu principal
CipherChronicle

Méthodes de chiffrement Homophonique

Chiffre par livre

Chaque lettre (ou mot) est codée par ses coordonnées dans un livre de référence : page, ligne, mot. Sécurité portée par le livre partagé.

Famille :
Homophonique
Difficulté :
Avancé
Époque :
Historique (XVIIIᵉ-XIXᵉ siècles), Benedict Arnold, Beale

Aussi appelé : book cipher · chiffre d'Arnold · chiffre de Beale

Le chiffre par livre est une méthode cryptographique ancienne où le livre partagé entre émetteur et destinataire sert de clé géante. Chaque lettre (ou mot) du clair est codée par ses coordonnées dans le livre : un triplet comme page.ligne.mot ou page.ligne.lettre.

Rendu célèbre par Benedict Arnold (correspondance trahissant West Point pendant la Révolution américaine, 1780) et par le mystérieux chiffre de Beale (Virginie, 1820), dont l’un des trois messages reste à ce jour non résolu.

Principe

  1. Les correspondants partagent un exemplaire identique d’un livre précis (édition, pagination, tout).
  2. Pour chiffrer, on cherche chaque lettre (ou mot) du clair dans le livre et on note ses coordonnées.
  3. Le ciphertext est une suite de triplets de nombres séparés par des points ou des espaces.

Exemple abrégé : pour chiffrer HELLO, en utilisant une édition donnée, on pourrait obtenir :

15.4.2   — le H est sur la page 15, ligne 4, 2ᵉ mot
08.1.5   — le E est page 8, ligne 1, 5ᵉ lettre
...

Variantes célèbres

  • Chiffre d’Arnold (1779-1780) — Benedict Arnold utilise un dictionnaire de droit pour correspondre avec l’officier britannique John André. Utilise page.ligne.mot.
  • Chiffre de Beale (Virginie, 1820) — trois textes chiffrés prétendant localiser un trésor. Seul le deuxième a été cassé (clé = Déclaration d’Indépendance). Les autres restent non résolus malgré des décennies d’efforts.
  • Chiffre de Bellaso (variantes tardives) — parfois mélangé avec un chiffre de livre pour renforcer la sécurité.
  • VIC cipher — chiffre soviétique moderne combinant livre, Polybius et transposition.

Forces

  • Espace de clés immense : tout livre existant peut servir.
  • Clé portable : un livre anodin (Bible, guide voyageur) n’attire aucun soupçon.
  • Difficile à attaquer sans le livre : la probabilité que le message soit court garantit que les coordonnées seules ne révèlent rien du livre.

Faiblesses

  • La sécurité repose sur le livre : s’il est identifié (par exemple via une saisie), tout est perdu.
  • Édition identique obligatoire : une pagination différente entre émetteur et récepteur casse tout. Une erreur opérationnelle fréquente.
  • Cribs : dans un message long, des lettres rares (Q, X, Z) forcent toujours les mêmes coordonnées → analyse de redondance.
  • Mots courts : si le chiffre encode des mots plutôt que des lettres, un THE fréquent ressort immédiatement.

Dans CipherChronicle

Le chiffre par livre est narratif par nature : chaque grille peut s’accompagner d’une référence à un livre fictif ou célèbre dont le joueur doit deviner la page. Les puzzles avancés peuvent inclure un extrait du livre comme aide — ou non.

Grille

1
2
0
8
1
5
0
7
0
3
Q
R
S
T
U
V
W
X
Y
Z
A
B
C
D
E
CléLivre partagé (page · ligne · mot)
  1. 1

    Suite de nombres

    Des nombres qui pourraient désigner pages, lignes, mots — mais sans un référentiel, rien à faire.

  2. 2

    Hypothèse livre de référence

    L'attaquant doit connaître ou deviner le livre utilisé — clé externe au message.

  3. 3

    Lecture : chaque nombre = position d'un mot ou d'une lettre dans le livre

    12 = page 12, 08 = ligne 8, 15 = mot 15, etc. (simplifié ici sur deux chiffres).

  4. 4

    Ouverture du livre

    On feuillette l'exemplaire partagé et on extrait les lettres/mots aux positions indiquées.

  5. 5

    Message révélé

    Le texte clair apparaît une fois les positions résolues.