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CipherChronicle

Méthodes de chiffrement Homophonique

Chiffre homophonique

Le chiffre homophonique est la première tentative sérieuse de briser l’analyse de fréquence. Apparu au XVᵉ siècle dans les courriers diplomatiques du Duché de Mantoue, il associe à chaque lettre claire plusieurs symboles chiffrés (homophones), dont le nombre est proportionnel à la fréquence naturelle de la lettre dans la langue source.

Comment fonctionne Chiffre homophonique ?

Dans un alphabet français :

  • E (≈ 15 % des lettres) reçoit 10 à 15 codes différents.
  • A (≈ 8 %) reçoit 6 à 8 codes.
  • Z (< 0,5 %) n’a qu’un seul code.

L’émetteur choisit l’un des codes possibles à chaque occurrence, souvent de façon aléatoire ou cyclique. Résultat : dans le ciphertext, chaque symbole apparaît avec une fréquence proche d’un symbole quelconque (environ 1 / nombre total de symboles). La distribution devient plate, l’analyse de fréquence simple ne donne plus rien.

Les codes sont souvent des nombres à 2 ou 3 chiffres (000-999), mais peuvent aussi être des symboles graphiques comme dans la correspondance de Marie Stuart.

À quoi ressemble un texte chiffré avec Chiffre homophonique ?

Pour le clair CIPHE avec une table fictive où E a plusieurs codes :

C → 42
I → 07
P → 51
H → 23
E → 14   (ou 28, ou 33, ou 09, ou 61…)

Résultat : 42 07 51 23 14.

Quelles sont les faiblesses de Chiffre homophonique ?

La méthode reste cassable, mais pas par la fréquence brute. On exploite :

  • L’analyse de fréquence des digrammes et trigrammes : les combinaisons TH, HE, ER en anglais ont des signatures statistiques même si les lettres individuelles sont masquées.
  • Les contextes : les mots courts (LE, DE, ET) restent identifiables par leur structure.
  • Le nombre fini de codes : avec un texte long, on finit par voir que certains codes partagent une fréquence d’apparition élevée → ils correspondent à la même lettre claire.

Le chiffre de Marie Stuart (1586) a été cassé exactement par cette méthode.

Quelles sont les variantes de Chiffre homophonique ?

  • Chiffre de Beale (1820, Virginie) — utilise un texte de référence pour générer les codes. Un des trois textes reste non cassé à ce jour.
  • Chiffre de Marie Stuart — homophonique enrichi d’un nomenclator (mots entiers codés).
  • Chiffre d’Arnold — homophonique par chiffre de livre, utilisé pendant la révolution américaine.

Dans CipherChronicle

L’homophonique est la première étape vers la sécurité statistique : le joueur découvre que la multiplication des codes masque les fréquences. Les grilles associées peuvent proposer des textes longs où l’analyse des digrammes devient essentielle.

Grille

4
2
0
7
5
1
2
3
1
4
Q
R
S
T
U
V
W
X
Y
Z
A
B
C
D
E
CléTable à plusieurs codes par lettre
  1. 1

    Texte chiffré

    Des nombres à deux chiffres, parfois répétés sur des lettres différentes du clair.

  2. 2

    Distribution de fréquence plate

    Aucun symbole ne domine — signe qu'on a lissé artificiellement les fréquences.

  3. 3

    Hypothèse : chiffre homophonique, table attribuant plusieurs codes aux lettres fréquentes

    E (la plus fréquente) a plusieurs codes possibles, chacun apparaît peu.

  4. 4

    Consultation de la table

    42 = C, 07 = I, 51 = P, 23 = H, 14 = E (ou 28 E, ou 33 E…).

  5. 5

    Message révélé

    Le texte clair émerge après identification des codes multiples.