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CipherChronicle

Méthodes de chiffrement Homophonique

Chiffre de Grandpré

Grille 10×10 où chaque ligne est un mot de 10 lettres. Chaque lettre claire est codée par ses coordonnées (ligne, colonne). Variante homophonique du Polybe.

Famille :
Homophonique
Difficulté :
Intermédiaire
Époque :
Début XXᵉ siècle, Grandpré
Inventeur :
Grandpré

Aussi appelé : Grandpré cipher

Le chiffre de Grandpré est une variante homophonique ingénieuse du carré de Polybe, publiée au début du XXᵉ siècle. Au lieu d’une grille 5×5 contenant l’alphabet, on utilise une grille 10×10 contenant dix mots-clés de dix lettres chacun.

Comme la plupart des lettres de l’alphabet apparaissent plusieurs fois dans ces dix mots, chaque lettre claire peut être représentée par plusieurs paires de coordonnées — le chiffre devient naturellement homophonique.

Principe

La grille

Choisir dix mots de dix lettres chacun, qui ensemble couvrent tout l’alphabet (ou presque). Exemple :

         1 2 3 4 5 6 7 8 9 0
     1 : R E P U B L I Q U E
     2 : C R Y P T O G R A M
     3 : M O N T M A R T R E
     4 : B O R D E L A I S E
     ... 
     0 : A N G L E T E R R E

Chaque lettre claire peut se trouver à plusieurs endroits. Pour chiffrer C, on cherche un C dans la grille : par exemple ligne 2 colonne 1 → 21. Pour chiffrer E, on a le choix entre de nombreuses positions.

Homophonie

Les lettres fréquentes (E, A, R) apparaissent naturellement dans plusieurs mots → elles ont plusieurs codes possibles. Les lettres rares (Z, W) apparaissent moins souvent → elles ont peu de codes mais restent représentables.

L’émetteur varie les codes pour chaque lettre, obtenant une distribution plus plate que Polybe simple.

Exemple (simplifié)

Avec une grille fictive, CIPHE pourrait être codé :

C → 23    I → 17    P → 42    H → 38    E → 15  (ou 45, ou 32, ou 07…)

Ciphertext : 23 17 42 38 15.

Variantes

  • Polybe classique — ancêtre à grille 5×5 alphabétique, non homophonique.
  • Nihiliste — Polybe + clé additionnée.
  • Chiffre homophonique générique — même idée sans la contrainte des mots 10×10.

Faiblesses

  • Les dix mots-clés sont la clé. Si l’attaquant les connaît ou les devine (sujet culturellement marqué : patronymes, villes, devises nationales), tout s’effondre.
  • L’homophonie n’est que partielle : les lettres rares ont peu de codes, donc elles sortent quand même à l’analyse de fréquence.
  • Les digrammes claires communs (ES, LE, RE) produisent des motifs statistiques sur les paires de codes.

Dans CipherChronicle

Grandpré est un chiffre culturel : les mots-clés sont souvent des références à des lieux, des devises, des noms propres. Les grilles peuvent jouer sur ce côté thématique — le choix du mot-clé devient lui-même une énigme.

Grille

2
3
1
7
4
2
3
8
1
5
Q
R
S
T
U
V
W
X
Y
Z
A
B
C
D
E
Clé10 mots-clés de 10 lettres
  1. 1

    Suite de nombres à 2 chiffres

    Chaque paire pointe vers une cellule d'une grille 10×10 de mots.

  2. 2

    Grille 10 mots × 10 colonnes

    Chaque ligne est un mot de 10 lettres — ces mots forment collectivement la clé.

  3. 3

    Lecture : 23 = ligne 2, colonne 3 = lettre située là dans le 2ᵉ mot

    La coordonnée extrait une lettre précise dans la grille.

  4. 4

    Homophonie naturelle

    La même lettre claire peut apparaître à plusieurs endroits de la grille → plusieurs codes possibles.

  5. 5

    Message révélé

    Le texte clair émerge après lecture de toutes les coordonnées.