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CipherChronicle

Méthodes de chiffrement Grille

Tap code (code par frappes)

Variante « frappée » du Polybe : chaque lettre est transmise par le nombre de coups, selon ses coordonnées dans une grille 5×5.

Famille :
Grille
Difficulté :
Débutant
Époque :
Antiquité (Polybe), popularisé par les POW du Vietnam (1960s)

Aussi appelé : knock code · tap cipher · code des prisonniers

Le tap code est un dérivé historique du carré de Polybe, conçu pour être transmis par frappes sur une paroi. Il est célèbre pour son usage par les prisonniers de guerre américains au Vietnam dans les années 1960-70 : pour communiquer d’une cellule à l’autre à travers les murs de la prison de Hanoi.

Principe

La grille

Comme Polybe, une grille 5×5 contient l’alphabet. Le tap code classique fusionne K avec C (plutôt que I/J comme Polybe) :

     1  2  3  4  5
  1  A  B  C/K D  E
  2  F  G  H  I  J
  3  L  M  N  O  P
  4  Q  R  S  T  U
  5  V  W  X  Y  Z

Transmission

Chaque lettre est codée par ses coordonnées (ligne, colonne). L’émetteur frappe :

  1. D’abord la ligne (un nombre de coups entre 1 et 5).
  2. Une pause courte.
  3. Puis la colonne (un nombre de coups entre 1 et 5).
  4. Une pause longue avant la lettre suivante.

Exemple : H (ligne 2, colonne 3) se transmet ·· ··· (2 coups, pause, 3 coups).

Exemple

HELLO se transmet comme :

H = 2,3 → ·· ···
E = 1,5 → · ·····
L = 3,1 → ··· ·
L = 3,1 → ··· ·
O = 3,4 → ··· ····

Un texte court de 5 lettres demande environ 30 à 50 coups au total. Les POW pouvaient transmettre une phrase en quelques minutes, avec un peu d’entraînement.

Histoire

  • Grèce antique — Polybe décrit la méthode par torches (une pour la ligne, une pour la colonne).
  • Kniga Poemat — les nihilistes russes utilisent le knocking en prison au XIXᵉ siècle.
  • Vietnam, 1965 — le capitaine Carlyle Harris enseigne le tap code aux prisonniers américains de Hanoi. Permet de reconstruire la chaîne de commandement, transmettre des noms, témoignages, et maintenir le moral. Récit central de plusieurs mémoires de POW.

Variantes

  • Polybe — version écrite, avec grille 5×5 mais I/J fusionnés.
  • Nihiliste — Polybe + addition de clé.
  • Chiffre à 6×6 — version élargie qui inclut les chiffres 0-9.

Faiblesses

Le tap code est un code, pas un chiffre : aucune clé, la table est publique. Sa sécurité repose uniquement sur l’ignorance de la méthode par l’adversaire — ce qui n’était pas le cas au Vietnam, mais la qualité de la communication entre prisonniers surpassait l’intérêt de casser le code.

Contre un attaquant informé :

  • Analyse de fréquence immédiate (c’est un Polybe sans clé).
  • Aucune résistance à des outils automatiques.

Son intérêt est pratique et symbolique, pas cryptographique.

Dans CipherChronicle

Le tap code offre un mode sonore : les puzzles peuvent être joués à l’écoute, chaque lettre matérialisée par des coups. C’est aussi un pont vers l’histoire de la cryptographie opérationnelle — un code extrêmement simple mais qui a sauvé des vies.

Grille

2
3
1
5
3
1
3
1
3
4
Q
R
S
T
U
V
W
X
Y
Z
A
B
C
D
E
  1. 1

    Suite de coups frappés

    Paires de nombres — premier = ligne, second = colonne. Signature Polybe.

  2. 2

    Grille tap code (K omis)

    La grille 5×5 contient l'alphabet (K fusionné avec C) — les tap codes y sont décryptés.

  3. 3

    Lecture : 23 = H (ligne 2 colonne 3), 15 = E, 31 = L, 34 = O

    Chaque paire indique directement une case de la grille.

  4. 4

    Substitution paire par paire

    Chaque paire est remplacée par la lettre de sa case.

  5. 5

    Message révélé

    Le mot réapparaît une fois toutes les paires décodées — ici HELLO.